1 Les défauts techniques de jeunesse des appareils photo numériques.

Les appareils numériques actuels (septembre 2004) ont des capteurs CCD dont la sensibilité varie de 3,3 millions de pixels pour les appareils grand public a 14 millions de pixels pour les reflex professionnels. La définition est d'ores et déjà supérieure au film 24 x 36 et suffisante pour tous les besoins, de la photographie familiale, de studio ou de reportage. Parmi les progrès réalisés depuis quatre ans : La consommation électrique est maintenant maîtrisée sur la plupart des modèles grace à l'emploi de batteries propriétaires et/ou d'accus rechargeables. La consommation électrique des modèles a aussi été fortement améliorée. A capacité égale, le prix des supports de stockage a été divisé en moyenne par quatre en quatre ans. De nouvelles cartes dépassant le Giga octet ont fait leur apparition complétées par des systèmes de sauvegarde autonomes, disques durs de 20 à 40 giga.

Les défauts qui subsistent sur les modèles actuels sont : Les supports de stockage restent non normalisés : SmartMédia (en voie de disparition), SD, MM, CompactFlash (type I et II), xD-Picture Card™ ou MemoryStick (simple, duo Pro). L'obligation de posséder un micro-ordinateur pour stocker, traiter, archiver les images. Les temps de transfert entre micro-ordinateur et appareil numérique restent souvent élevé. Certains périphériques, bornes d'accès, imprimantes permettent de se passer partiellement de micro-ordinateur.

2 Une nouvelle façon d'aborder l'environnement : visée reflex et visée claire

Comme l'indiquait la revue "Chasseur d'Images", dans son numéro d'avril 2000, à propos de la visée directe (type Leica M) : 'le photographe ne se cache pas derrière son appareil. La communication avec les personnes photographiées est plus facile et il suffit d'ouvrir 1'oeil gauche tout en visant pour apprécier la scène dans son ensemble.' Les inconvénients de la visée directe sur un appareil argentique : 'imprécision du cadrage, image partiellement obstruée par l'objectif, difficulté à composer la photo en longue focale, impossibilité d'utiliser judicieusement des téléobjectifs supérieurs a 90 mm' deviennent caduques en photo numérique avec l'écran intégré.

Les appareils "bridge cameras" sorte de faux reflex, parce qu'ils autorisent en simultané visée directe et visée reflex, combinent donc le meilleur des deux visées. Ils rejoignent en cela les camescopes avec leur viseur type reflex mais électronique et leur écran. Ils ne possèdent pas par contre la possibilité d'avoir des objectifs interchangeables.

Les appareils reflex numériques, à viseur optique, se caractérisent par la possibilité de recevoir différents objectifs. Mais l'image est toujours visualisée à travers le viseur (et l'objectif) et n'est pas disponible simultanément sur un écran de contrôle arrière (excepté l'ancien Olympus E10). De ce fait le cadrage ne peut se faire qu'à hauteur d'oeil et il faut attendre le déclenchement pour visualiser la photo prise. Enfin excepté pour les modèles pro assez onéreux, les reflex numériques "amateur" ont un viseur qui reproduit de 92 à 95% de l'image enregistrée. De ce fait ces appareils sont moins précis que les compact numériques grand public.

On peut seulement regretter que la visée directe le soit souvent à travers un écran. En effet en photo argentique il y a une "manière de cadrer liée à la visée directe". Sur le dépoli du reflex, l'image cadrée de noir et affectée par le passage à travers l'objectif semble déjà extraite de la réalité. En photo numérique, le passage par le capteur CCD et/ou le passage à travers l'objectif introduit une distorsion par rapport à la réalité.